Vincent Callebaut, A Belgian Story
Brussels 2026
Belgium
Il conçoit des architectures en dialogue avec le vivant, bâtissant des villes qui, tels des écosystèmes, respirent au diapason de la planète. Depuis Paris, où il a installé son studio, Vincent Callebaut repense non seulement l’habitat mais aussi notre futur collectif, à l’aune de la durabilité.
Petit, je me passionnais pour l’horticulture et rêvais de travailler le végétal. Et puis, à l’adolescence, je me suis finalement orienté vers une architecture globale plutôt que paysagère afin de pouvoir créer non seulement des jardins mais aussi des bâtiments. J’appartiens à cette génération d’architectes diplômés dans les années 2000, marquée par les discours de Yann Arthus-Bertrand et de Nicolas Hulot. Et par la prise de conscience de l’impact environnemental majeur du secteur du bâtiment et des villes, responsables à eux seuls de près de 40 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Très tôt, j’ai compris que l’architecture pouvait être un profond levier de changement. C’est cette perspective qui m’a poussé à développer une approche axée sur le biomimétisme, avec l’ambition de transformer les métropoles en écosystèmes, les quartiers en forêts et les immeubles en arbres habités.
Par essence, oui, puisqu’il s’agit de s’adapter au plus près à l’environnement dans lequel on construit, qu’il soit urbain ou rural, tout en travaillant avec des matériaux locaux, disponibles à moins de 200 kilomètres des chantiers. L’architecture bioclimatique implique aussi d’analyser la course du soleil et les vents dominants pour concevoir des bâtiments produisant leur électricité et leur eau chaude de façon autonome et demeurant confortables sans climatisation, même sous 42 degrés. Les solutions varient forcément en fonction de l’emplacement, mais l’intention reste identique : écouter, comprendre et s’inspirer du vivant.
Bien sûr, mais j’avais soif de répondre aux questions majeures de notre époque : comment abriter les 1,2 milliard de réfugiés climatiques qui vont apparaître d’ici 2100 ? Ou comment reconstruire des villes touchées par une catastrophe naturelle ? Je proposais spontanément des projets en ce sens, défendus lors de conférences au Parlement européen, à l’ONU ou à l’UNESCO, mais les investisseurs et promoteurs restaient frileux. L’année 2010 a finalement marqué un tournant, avec mon premier chantier, la Tour Tao Zhu Yin Yuan à Taïwan. Elle m’a permis de démontrer qu’il est possible de créer des lieux qui soient très performants aussi bien sur le plan écologique qu’économique. Sa construction a duré près de dix ans, mais en cours de route, d’autres clients ont fait appel au studio, nous permettant d’innover davantage et d’ancrer cette vision.
Journaliste : Barbara Wesoly - Be Perfect
Copyright : Vincent Callebaut Architectures
All rights reserved.